Pour que poussent les herbes fécondes...

L'art est un cri : un cri de Vérité, un cri d'espoir, l'émanation-même du désir de vivre et de le faire partager. Il est indissociable de la Liberté que finalement, il pré-suppose.

Liberté d'expression, d'expressivité, liberté de se mouvoir au sein des mondes et des univers multiples, pour en revenir, pour témoigner, briser les barrières en soi et enfin, s 'accrocher à l'autre  dans un enrichissement mutuel.

Priver l'Homme de sa liberté, c'est tuer en lui -donc aussi en nous- le jaillissement du Vrai, le jaillissement des possibles, le jaillissement de la vie.

Les dictatures sont mortifères, elles veulent nous faire taire, elles tuent et elles se tuent, car la haine est un suicide .

L'artiste est une oasis d'émotions où, disait Proust, « pousse  l'herbe drue des œuvres fécondes ». Le tuer, c'est tuer la liberté, c'est laisser la nuit s'installer. « Alors », dit H. Arendt, « viendra la solitude, la désolation où nous serons seuls, abandonnées de tous les autres. »

Mais dans un dessin, dans une sculpture, dans une peinture, dans un regard, il y a tous les hommes, tous les mondes, toutes les audaces – et pas la moindre, celle du pardon, l'audace des nouveaux commencements. Alors, qu'il soit impossible de briser ce magnifique soleil, l'Art, expression-même du vivant.

Nous sommes dans l'urgence de Vie, et la Liberté, son muscle, pousse son rocher à l'infini.

« Déjà », nous avertit le grand Marcel, «  déjà vient la nuit où l'on ne peut plus peindre, et sur laquelle le jour ne se relèvera pas ».

Nous sommes dans l'urgence de vie.

 

 

 

Oxo Yutz, le 25/01/15, pour Miroir de l'Art, hors série "Liberté!"